Direction des communicationsUniversité Laval

Au fil des événements

Au fil des événements

Le journal de la communauté universitaire ÉDITION DU 2 FÉVRIER 2012
Volume 47, numéro 19
 

Retour au sommaire  

Commentez
 
Partagez
Photo

Mylène Riva, chercheuse à l’Axe santé des populations et environnementale du Centre de recherche du CHUQ.

Photo: Mélanie Lemire

Par quatre chemins

Le parcours sinueux de Mylène Riva ne l'a pas empêchée de décrocher la plus prestigieuse bourse postdoctorale au Canada

Par Florence Pagé-Larivière

Il y a 15 ans, on aurait pu douter des chances de Mylène Riva de décrocher un jour un diplôme universitaire: son parcours sinueux et peu orthodoxe avait de quoi faire froncer les sourcils de ses parents. Aujourd’hui récipiendaire de la plus prestigieuse bourse postdoctorale offerte au Canada, plus personne ne peut remettre en question ses choix.
   
Aussi brillante et déterminée soit-elle, cette jeune postdoctorante en santé communautaire n’a pas opté pour le chemin le plus direct. En 1996, à quelques crédits de l’obtention de son diplôme collégial, celle qui se définit davantage comme canadienne que québécoise quitte le Québec et part explorer les provinces de l’Ouest. «C'était l'occasion pour moi de découvrir mon pays, d'aller chercher une expérience de vie», raconte-t-elle.

Riche de ses tribulations, elle rentre au Québec en 2000 et entreprend un baccalauréat en géographie à l’Université de Montréal avec l’idée de concilier ses intérêts de toujours, soit les interactions entre l’humain et son environnement. Un emploi d’été en 2001 à Yellowknife vient la conforter dans ses choix: dans cette ville où cohabitent autochtones et non-autochtones, la fracture entre les deux réalités sociales la choque. «On voyait clairement des conditions de vie différentes de part et d'autre de la rue principale et les répercussions sur les modes de vie et la santé», affirme-t-elle.

Son diplôme de premier cycle obtenu avec mention d’honneur en 2002, la jeune femme opte pour une maîtrise en santé communautaire à l’Université de Montréal où elle acquiert des connaissances en santé et en épidémiologie qui lui manquaient après avoir étudié la géographie, puis fait un passage accéléré au doctorat en 2003. Sitôt ce dernier terminé, elle s’envole vers l’Angleterre en 2008 afin d’y entamer un postdoctorat en géographie de la santé. Bien que les déterminants de la santé demeurent son sujet principal, le changement de pays lui permet de les aborder dans un contexte social différent.

De retour au Québec en 2011, elle remporte la prestigieuse bourse postdoctorale Banting-IRSC. Grâce à une aide financière annuelle de 70 000 $, elle entreprend notamment des recherches sur la santé des Inuits du Nunavik dans le contexte de la mise en place du Plan Nord. «Le Nord m’a toujours passionnée», confie-t-elle. Son projet axé sur le logement dans le Nord québécois représente sa première expérience de recherche dans cette partie du pays et signe un retour vers ce qui l’a initialement poussée en santé des populations.
   
La chercheuse rentre tout juste d'un séjour au Nunavik. Les inégalités de santé entre les populations inuites et du sud la font bondir. «Dix-sept ans séparent l’espérance de vie des hommes inuits de celle des hommes québécois; chez les femmes, l’écart est de près de 15 ans, note-t-elle. La santé est un droit humain fondamental, tout comme l’accès à un logement sain. Or, au Nunavik, on constate de nombreuses lacunes sur ces plans.»
   
Mylène Riva fait mentir le cliché du chercheur terne. On sent la flamme qui la pousse à apprendre, à comprendre, à accomplir de grandes choses. Comme si, malgré les nombreuses heures qu’elle consacre à son travail, rien ne parvenait à essouffler sa curiosité. Ancrée à ses rêves et armée d’une discipline exemplaire, elle a fait de son parcours atypique, jadis source d’inquiétude pour ses parents, un atout enviable. Comme quoi, pour une géographe, tous les chemins peuvent mener à Rome.



Commentez
 
Partagez