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Volume 45, numéro 29 | 22 avril 2010

Divers

La belle assurance

L’étudiant en médecine Pierre-Olivier Dufresne a fait un stage  hautement créatif au Bénin 

Par Renée Larochelle

Lorsqu’une personne est gravement malade au Bénin, sa famille met davantage l’accent – et l’argent – sur l’organisation des funérailles prochaines plutôt que sur les soins à prodiguer au malade. C’est l’un des nombreux chocs culturels qu’a vécus Pierre-Olivier Dufresne, étudiant en troisième année de médecine, lors du stage de neuf semaines qu’il a effectué récemment dans un hôpital de ce pays d’Afrique. En discutant avec le personnel de l’hôpital et avec les patients, il a aussi appris que l’idée de cotiser à une assurance pour obtenir des soins de santé n’avait pas la cote parmi la population. «Beaucoup de personnes croient que cotiser pour la maladie attire la maladie, explique Pierre-Olivier Dufresne. L’autre problème est que 80 % de la population est analphabète et qu’elle ne peut donc pas avoir l’heure juste sur les coûts et le fonctionnement d’une assurance. Le 20 % qui reste est composé de personnes qui travaillent pour le gouvernement et qui sont déjà assurées.»
   
Afin que les personnes ne sachant ni lire ni écrire puissent s’informer sur l’adhésion à la compagnie d’assurance nationale, la Mutuelle de Sécurité Sociale du Bénin, Pierre-Olivier Dufresne a donc conçu un feuillet dans lequel le processus est clairement expliqué au moyen de pictogrammes, et complété par du texte, en collaboration avec deux autres stagiaires de la Faculté de médecine, Édith Beaudry et Sandrine Boueilh. Comme ce sont les hommes qui gagnent de l’argent et qui consomment de la bière, c’est à eux que s’adresse le feuillet expliquant explique que pour une cotisation mensuelle de 600 francs du pays, soit l’équivalent du coût d’une bière par mois, la mutuelle paie 70 % des frais de santé. Et ça marche! Récemment, Pierre-Olivier Dufresne a reçu une lettre d’un dirigeant de la Mutuelle de Sécurité Sociale du Bénin le remerciant chaleureusement de son initiative. «J’aime faire bouger les choses», dit seulement Pierre-Olivier Dufresne quand on lui demande où il puise toute cette énergie. Lors de son séjour en Afrique, le futur médecin a également aidé dans ses démarches administratives un homme qui souhaitait monter sa propre entreprise de soudure. «Il savait que le microcrédit existait, mais il ignorait par quel bout commencer, avec tous les papiers qu’il y avait à remplir, dit l’étudiant. Je lui ai simplement donné un coup de pouce.»

Pierre-Olivier Dufresne ne cache pas qu’une foule d’idées se bousculent dans sa tête et qu’il n’aura pas assez d’une vie pour les réaliser. Il a d’ailleurs failli perdre cette vie lors d’un très grave accident de vélo au début de la vingtaine. «Depuis, je porte un casque», assure-t-il avec humour. Tenant à cœur l’amélioration des conditions de vie des étudiantes et des étudiants, il a mené à bien plusieurs projets, notamment la rénovation de fond en comble du café étudiant de la Faculté de médecine, en partenariat avec Hugo Morin, également étudiant en médecine. Convaincu des bienfaits de l’activité physique sur la santé, il a enseigné le ski à des jeunes provenant de milieux défavorisés et a organisé des parties de frisbee ultime pour les adultes de son quartier. Attiré par la médecine familiale et par le Grand Nord québécois, Pierre-Olivier Dufresne souhaite un jour poser ses valises auprès des Inuits, là où la misère sociale est grande. Car pour lui, il n’est pas de plus beau cadeau que de donner un peu de sa vie aux autres.

 

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L'étudiant en médecine Pierre-Olivier Dufresne: «J'aime faire bouger les choses».

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