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Volume 44, numéro 8 | 16 octobre 2008

Arts

Chronique d’un massacre annoncé

Les productions du Vice-Caché présentent L’anorak d’Adam Kelley

Par Renée Larochelle

Le 6 décembre 1989, à 17 h 15, Marc Lépine fait irruption à l’École polytechnique de Montréal. En l’espace de quelques minutes, il abat 13 étudiantes et une employée, avant de se suicider. Que s’est-il passé dans la tête de cet homme de 25 ans pour qu’il en vienne à commettre un acte pareil? C’est la question que tout le monde continue de se poser, presque 20 ans après cette tragédie qui a marqué le Québec. Car si on sait que Marc Lépine détestait les féministes, on ignore à peu près tout de lui. Dans le plus grand respect des victimes, L’anorak, une pièce écrite en 2002 par Adam Kelley et présentée du 23 au 26 octobre à 20 h au Théâtre de poche du pavillon Alphonse-Desjardins, donne une voix à l’assassin. De son enfance jusqu’aux derniers moments de sa vie, Marc Lépine, qui s’est lui-même qualifié de tireur fou dans une lettre où il crie sa haine des féministes, raconte froidement son histoire.

«En montant cette pièce, nous n’avons pas voulu nous apitoyer sur le sort de l’assassin, mais plutôt susciter un questionnement sur ce qui peut pousser un homme à poser une telle action et, du même coup, à mettre fin aux rêves et aux aspirations de 14 jeunes femmes», explique Gaétan Rancourt, qui personnifie Marc Lépine dans L’anorak. Avocat de profession et étudiant en sciences de l’administration, Gaétan Rancourt est membre des productions du Vice-Caché, formées d’étudiants de l’Université. «J’avais neuf ans en 1989 et je me souviens encore de la journée du 6 décembre, dit-il. Je me rappelle encore des reportages à la télévision montrant les policiers et les ambulanciers secourant les blessées, de la peine immense et de l’étonnement de tout le monde face à ce geste incompréhensible. L’événement a marqué tous les Québécois. Chaque fois qu’il y a une tuerie dans une école à travers le monde, on pense à Polytechnique.»

Les tréfonds de l’âme humaine
D’une durée de 90 minutes, L’anorak, ce vêtement à capuchon que portait Lépine lors des meurtres, se déroule entièrement dans la chambre du responsable du massacre. À huis clos, l’homme parle de son enfance et de son adolescence sans aucune censure. N’ayant ni la prétention d’expliquer le geste fatal ni d’en réduire la portée, l’auteur prend le parti d’explorer l’âme humaine, avec ses larges pans de ténèbres inexpliqués. «Au début de son projet, qui s’inscrivait dans un travail universitaire de maîtrise, Adam Kelley voulait écrire une pièce sur le suicide d’un enfant, commente Gaétan Rancourt. Au fil de la rédaction, il a décidé de changer de cap et de s’intéresser au cas de Marc Lépine.» Présentée pour la première fois en français dans une traduction de Geneviève Charbonneau, la pièce a été jouée à quelques reprises en anglais à Montréal où elle a été choisie meilleure production de l’année en 2004 par le quotidien The Gazette.

Le coût des billets est de 10 $ pour les étudiants et de 12 $ pour les autres. On peut s’en procurer au Bureau d’accueil et d’animation, au local 2344 du pavillon Alphonse-Desjardins ou réserver par téléphone au 554-6524.

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