Hommage à David Karel (1944-2007)
Originaire des États-Unis et professeur d’histoire de l’art à l’Université Laval depuis 1973, David Karel est décédé le 25 août dernier des suites d’une maladie qui lui aura tout juste laissé le temps de mettre de l’ordre dans ses archives et de confier le contenu de sa bibliothèque à une institution qui lui était chère, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Le professeur David Karel aura été mon collègue à la Faculté des lettres de l’Université Laval pendant plus de 15 ans et j’aurai souvent eu l’occasion et le plaisir de travailler de concert avec lui.
   
Sous ses dehors réservés, David a toujours été animé d’une passion inébranlable, une passion capable de soutenir aussi bien des entreprises individuelles de longue haleine que des projets collectifs à caractère multidisciplinaire. Sans compter sa capacité de livrer des textes accessibles et de bonne qualité destinés à un large public dans des délais très serrés.
   
On ne dira jamais assez l’importance du rôle joué par un universitaire de fort calibre comme lui dans l’évolution et l’enrichissement de notre histoire de l’art. Le professeur Karel nous en a fourni plus d’une fois la preuve et notamment il y a deux ans, à l’occasion de l’exposition Edmond-Joseph Massicotte, illustrateur au Musée national des beaux-arts du Québec. Membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ), il participait depuis quelques années à un projet de recherche subventionné portant sur l’illustration régionaliste et ayant pour titre À la rencontre du régionalisme littéraire et artistique: l’illustration au Québec. Il aura aussi beaucoup fait pour la redécouverte de l’œuvre du peintre d’origine suisse André Biéler (1896-1989).
   
À un titre plus personnel, je désire souligner la curiosité intellectuelle, la rigueur et la générosité d’un David Karel, sans oublier son apport à la vie du musée national que j’ai eu l’honneur de diriger au cours des 14 dernières années. À maintes reprises, il aura fait partie de nos comités d’acquisition d’œuvres d’art ou commis des textes pour différents catalogues d’exposition. En 1986, par exemple, il signait une série de biographies en marge de l’exposition Tableaux de maîtres français impressionnistes et post-impressionnistes de l’Union soviétique et assumait le commissariat de la mémorable exposition Horatio Walker. Le MNBAQ aura également été associé aux fruits de ses patients travaux de recherche en publiant conjointement avec les Presses de l’Université Laval son monumental Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord (1992).
   
J’ajouterai, en terminant, que le professeur Karel aura eu un effet structurant sur l’évolution de sa discipline, formant des dizaines de professionnels, ouvrant de nouvelles avenues de recherche et participant régulièrement à une fructueuse dynamique multidisciplinaire. Autant de raisons qui auront milité en faveur de son accession à la Société royale du Canada l’an dernier.
   
David Karel était un homme authentique et attachant. Il va nous manquer.

JOHN R. PORTER
CQ, MSRC, Directeur général du Musée
national des beaux-arts du Québec
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Gaspillage appréhendé
Bravo pour la grande intelligence, bien dans la tradition administrative lavalloise, du Comité d’aménagement de l’Université, qui decide, comme ça, de changer le code postal de l’Université, obligeant tout le personnel, les départements, les revues, les centres de recherche, etc. du campus à aviser leurs correspondants de ce changement et à refaire leur papier à en-tête, leurs cartes de visite, etc. Sans compter le temps infini que ça va prendre et les ressources qu’on devra y consacrer, il y aura un énorme gaspillage de papier. Et dans le même communiqué où on nous annonce ce changement, on nous parle de respect de l’environnement et de diminution du volume de papier à utiliser! Foutaises et niaiserie. N’aurait-il pas été plus simple d’attribuer le nouveau code postal aux résidences, dont les hôtes sont relativement peu nombreux et changent en bonne partie d’une année à l’autre?

LOUIS-JACQUES DORAIS
Professeur au Département d’anthropologie