«Les choses avancent très bien.» Deux ans après le lancement du Projet d’appui à la formation en gestion des ressources naturelles dans le bassin du Congo, également appelé Projet Congo, Damase Khasa, professeur au Département des sciences du bois et de la forêt et directeur du projet, ne cache pas sa satisfaction. «Trente-trois des trente-cinq étudiants congolais que nous avions sélectionnés poursuivent leur formation d’ingénieurs forestiers et devraient recevoir leur diplôme en décembre 2011, explique-t-il. Cela veut dire que les critères de sélection que nous avons mis de l’avant fonctionnent. Nous sommes allés chercher la crème de la crème dans tout le pays. Nous avons aussi recruté une deuxième cohorte de 36 candidats. D’ici 2013, notre objectif est de former au moins 100 ingénieurs forestiers.»

Le vendredi 5 novembre au pavillon Gene-H.-Kruger, le professeur Khasa a dressé un bilan positif du Projet Congo lors de la Journée de foresterie internationale organisée par la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique (FFGG). Lancé en 2008, ce projet de cinq ans, dont l’Université Laval est le maître d’œuvre, bénéficie d’une aide financière de 7 M$. L’Agence canadienne de développement international (ACDI) fournit 5 M$ et la FFGG 1,5 M$. «À l’ACDI, le Projet Congo est considéré comme l’un de leurs projets phares», indique Damase Khasa.

L’objectif du projet consiste à renforcer la formation universitaire et technique en foresterie au Cameroun et au Gabon, et à rétablir cette formation en République démocratique du Congo (RDC). La formation de techniciens forestiers est supervisée par l’un des partenaires du Projet Congo, soit le Centre d’enseignement et de recherche en foresterie du Cégep de Sainte-Foy. Elle se donne à l’Institut supérieur d’études agronomiques de Tshela, en RDC.

Le Projet Congo finance 13 bourses doctorales. La RDC en a obtenu 7, et le Cameroun et le Gabon en ont 3 chacun. Huit boursiers sont actuellement inscrits à la FFGG, sept d’entre eux au Département des sciences du bois et de la forêt. Cinq autres boursiers arriveront à la Faculté pour la session d’hiver 2011.
L’Université Laval reçoit l’appui de l’Université de l’Alberta pour la production, sur support DVD, de cours de premier et de deuxième cycles en agroforesterie. D’autre part, une dizaine de professeurs de la FFGG ont pour tâche de mettre en œuvre 17 cours sur DVD en partenariat avec leurs homologues africains. Cinq ont été livrés jusqu’à maintenant. L’objectif est de livrer la plupart des cours d’ici la fin de 2011. «Des professeurs vont enseigner à l’Université de Kinshasa, en RDC, souligne Damase Khasa. Cet été, la professeure Nancy Gélinas y a donné un cours d’économie forestière.»

Intégrer l’arbre à l’agriculture
Le projet Des arbres et des champs contre la pauvreté au Mali a été annoncé à l’automne 2007. Ce projet d’une durée de six ans profite d’une aide financière de 955 200 $ de l’ACDI. Six membres du personnel de l’Université Laval y participent. Le projet vise à promouvoir l’agroforesterie et les bonnes pratiques de gestion des terres dans un des pays les plus pauvres au monde. Comment? En renforçant les capacités de l’Institut polytechnique rural de recherche et de formation appliquée de Katibougou. «L’agroforesterie, en favorisant l’intégration de l’arbre au système de production agricole, fait partie des solutions qui peuvent être apportées à la dégradation de l’environnement au Mali et au défi que représentent les besoins alimentaires d’une population sans cesse croissante», explique Alain Olivier, professeur au Département de phytologie et directeur de l’équipe canadienne du projet.

Selon lui, un très bon partenariat a été établi avec l’Institut. «Ce partenariat commence à porter ses fruits, indique-t-il. Nous avons déterminé les besoins et analysé la situation dans la commune rurale où nous ferons des interventions. Nous avons aussi mis en place des pépinières et des parcelles de démonstration. En formation en agroforesterie, beaucoup de progrès a été accompli. Trois enseignants de l’Institut, dont deux femmes, ont déjà fait leur scolarité de maîtrise à Laval. Deux autres sont arrivés en septembre.»

Au Mali, environ 25 enseignants de l’Institut ont suivi un cours de perfectionnement d’une trentaine d’heures en agroforesterie. Un même nombre a pris part à une formation sur l’égalité entre les femmes et les hommes. «Ce sont les femmes qui, en grande partie, effectuent les travaux agricoles, souligne Alain Olivier. Elles s’occupent aussi de la cueillette des fruits de plusieurs arbres, dont le karité. Or on leur laisse souvent peu de place dans les décisions.»

À ce jour, sept étudiants de deuxième cycle et un de troisième cycle de l’Université Laval ont effectué un stage de quelques mois au Mali. Ils ont notamment contribué à la réalisation d’enquêtes socioéconomiques, à l’inventaire des arbres dans des villages témoins et à la mise sur pied d’un système d’information géographique.