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Volume 44, numéro 34 | 18 juin 2009

À la une

Des moments forts et inoubliables

Les sept cérémonies de collation des grades ont attiré quelque 15 000 personnes, dont 2 872 diplômés, les 6, 7, 13 et 14 juin au PEPS

Par Yvon Larose

«C’était grand, impressionnant, émouvant. Le tapis rouge, la musique, la beauté de la cérémonie: je ne m’attendais pas à ça.» Parions que Lavinia Létourneau-Ross, diplômée au baccalauréat en psychologie, se souviendra longtemps de sa collation des grades. Le samedi 6 juin en après-midi, elle et 463 autres finissantes et finissants en droit, en sciences sociales et en études internationales étaient rassemblés dans le Stade couvert du PEPS pour recevoir leur diplôme des mains du recteur Denis Brière. Éric Osmani, finissant du baccalauréat en droit, était du nombre. «La boucle est maintenant bouclée et je ressens beaucoup de fierté, dit-il. C’est comme l’achèvement de trois années et demie d’efforts. Ma conjointe et ma famille m’ont beaucoup soutenu. De longues études universitaires sont presque un travail d’équipe.» Pour Maxime Vézina, finissant au baccalauréat intégré en économie et politique, la cérémonie revêtait une signification particulière. «J’avais décidé de ne pas recevoir mon diplôme par la poste et de venir le chercher, raconte-t-il. Je voulais que ça reste un moment mémorable. Et ça a été très bien. Je me sens fier d’appartenir désormais au cercle des diplômés de l’Université Laval.»

Lavinia Létourneau-Ross, Éric Osmani et Maxime Vézina figurent parmi les 2 872 étudiantes et étudiants à avoir participé cette année aux 7 cérémonies de remise des diplômes. Tenues les 6, 7, 13 et 14 juin au PEPS, elles ont attiré environ 15 000 personnes. Les étudiantes et les étudiants qui ont terminé leurs études à l’été et à l’automne 2008 ainsi qu’à l’hiver 2009 sont au nombre de 9 343. Le premier cycle accapare à lui seul plus des deux tiers de ce total, soit 6 497 personnes. On compte aussi 2 408 diplômés à la maîtrise et 290 diplômés au doctorat, ainsi que 148 résidents en médecine et médecine dentaire. Les femmes représentent 61 % de l’ensemble.

Émotion et fierté
La collation des grades est un événement majeur par lequel l’Université souligne avec faste la fin d’un cycle d’études chez ses étudiantes et étudiants. En cet après-midi du 6 juin, les diplômés ont fait leur entrée dans le Stade couvert au son du fameux et solennel Pomp and Circumstance Marches, de sir Edward Elgar. Derrière le cordon de sécurité, de nombreux parents, conjoints et amis ont photographié ou filmé au passage qui leur enfant, qui leur conjoint ou conjointe, qui leur ami ou amie. Tous souriaient. L’émotion était palpable. Ensuite, le défilé des dignitaires s’est mis en branle avec l’ouverture de Music for the Royal Fireworks de Georg Friedrich Haendel. Nicolas Maheux-Lafortune, finissant au baccalauréat en affaires publiques et relations internationales, et porteur de la masse de l’Université, a eu l’honneur d’ouvrir le défilé. La masse ornementale symbolise l’autorité en vertu de laquelle l’Université confère un grade universitaire.

«De grands défis vous attendent, a mentionné le recteur Brière dans son allocution aux diplômés. La crise actuelle a mis en lumière la grande complexité des relations économiques. Le vieillissement de la population et son corollaire, la raréfaction de la main-d’œuvre, obligent la société à se réorganiser. L’écart toujours grandissant entre les riches et les pauvres impose le retour aux valeurs fondamentales de solidarité, d’éthique et de justice. Enfin, la transformation du monde du travail et la mobilité des nouveaux travailleurs obligent à revoir nos façons de faire.» Selon le recteur, les diplômés sont désormais des spécialistes des dimensions humaine, juridique et socioculturelle des rapports sociaux. «C’est à vous que l’on fera appel pour répondre aux grands problèmes de la société, a-t-il poursuivi. Je sais que vous ne laisserez pas ces appels sans réponse. Vous  aimez les défis.»

De l’importance des relations de travail et de la notion de justice
Le recteur a ensuite procédé à la remise d’un doctorat en sciences sociales honoris causa à Mark Thompson. Ce professeur émérite à la Faculté de commerce et d’administration des affaires de l’Université de la Colombie-Britannique est un spécialiste réputé dans les domaines des relations de travail, des négociations collectives et de l’arbitrage des griefs. Le récipiendaire a revêtu l’épitoge et signé le Livre d’or de l’Université. Puis, il s’est adressé aux diplômés. «Cet honneur est encore plus grand, compte tenu du rôle important que joue le Département des relations industrielles de l’Université Laval pour l’étude des relations industrielles au Canada, a-t-il déclaré. La revue Relations industrielles, publiée par le Département, est la première revue scientifique de relations industrielles au monde, et la seule au Canada.» Mark Thompson a souligné l’importance, dans notre société, de la négociation, du compromis, des relations humaines et des systèmes de rémunération. «Je peux vous assurer que les connaissances que vous avez acquises vous seront très utiles dans des activités que vous ne pouvez pas imaginer aujourd’hui», a-t-il conclu.

Les finissantes et les finissants des troisième et deuxième cycles se sont ensuite dirigés vers la scène pour recevoir leur diplôme. Après les remises, François Blais, doyen de la Faculté des sciences sociales, a pris la parole. «Le seul sens qui peut être accordé à l’excellence dans une époque comme la nôtre est d’être au service du plus grand nombre et de la solidarité sociale», a-t-il dit. Du même souffle, il a affirmé que la tâche première des sciences humaines, sociales et juridiques est d’«améliorer les conditions qui rendent notre monde plus juste». Selon le doyen, sans souci pour l’équité, la recherche de l’efficacité, par les économistes, «tourne à vide et peut même être dommageable». Les psychologues et les travailleurs sociaux ont, quant à eux, pour première obligation, non pas le bien-être de leurs concitoyens, «mais la réalisation d’institutions et de pratiques qui favorisent leur intégrité personnelle et leur autonomie». Enfin, les juristes devraient «s’inquiéter du grand défi que constitue l’accès à la justice pour la grande majorité de la population».

La remise des diplômes du premier cycle a suivi l’allocution du doyen. La cérémonie a pris fin par le défilé de clôture au son d’une version instrumentale de l’hymne de l’Université Laval, Savoir et beauté. Ensuite vinrent des retrouvailles empreintes d’émotion entre les diplômés et leurs invités.

En avant-midi ce jour-là, 225 diplômés de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, et de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation s’étaient rassemblés dans le Stade couvert. Parmi eux, Hélène Gagnon. Cette finissante à la maîtrise en nutrition avec mémoire s’est vu remettre la médaille d’or de la Gouverneure générale.

L’entrepreneur solidaire
Le dimanche 7 juin, en avant-midi, 373 étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences et de génie ont reçu leur diplôme des mains du recteur Brière. Alexandre Forest (doctorat en océanographie), représenté par sa conjointe, et Malik Younsi (baccalauréat en mathématiques) ont également reçu l’un, la Médaille d’or, l’autre la Médaille d’argent de la Gouverneure générale.

En après-midi, ce fut au tour de 409 finissants de la Faculté des sciences de l’administration d’envahir le Stade couvert et de recevoir leur diplôme. À cette occasion, le recteur a décerné un doctorat en sciences de l’administration honoris causa à Peter Simons, président de la Maison Simons. Dans son discours, le récipiendaire a souligné l’importance de la solidarité qu’il a définie comme «des individus qui vivent quotidiennement leurs choix pour le bien de leur communauté». La clé du succès en affaires repose, selon lui, sur une série de valeurs, dont l’honnêteté et l’intégrité, mais aussi la passion, la rigueur et l’éthique de travail, l’ouverture aux changements, l’empathie, la serviabilité et la responsabilité sociale, et l’humilité. «Trouvez votre passion, écoutez votre cœur et le succès suivra vos pas, a-t-il affirmé. Acceptez, encouragez et appuyez les mouvements de changement. Soyez empathiques, car c’est la seule source de réconciliation entre opinions divergentes, générations et cultures. Et vivez le plaisir d’être au service des autres.»

Durant son allocution, Peter Simons est revenu sur la fontaine de Tourny. En 2007, il a fait don, à la ville de Québec, de cette œuvre qu’il avait achetée et fait restaurer au coût de 4 millions de dollars. «Je serais heureux, avait-il déclaré le jour de l’inauguration, si un jour nos enfants s’asseyaient devant cette fontaine en se rappelant la vie de leurs ancêtres et se demandaient comment ils pourraient, à leur tour, honorer la mémoire de ces gens courageux et généreux afin que leur énergie, leur passion et leur amour puissent se perpétuer aux générations futures et construire un avenir encore meilleur pour notre ville et nos communautés.»

Le recteur Brière a ensuite remis la Médaille d’or de la Gouverneure générale à Sébastien Vézina, diplômé de la maîtrise en administration des affaires (management).

Gérer avec Dieu
La seconde fin de semaine de collation des grades a pris son envol, le samedi 13 juin, en matinée. La cérémonie a permis d’honorer 400 finissants de la Faculté de philosophie, de la Faculté des sciences de l’éducation et de la Faculté de théologie et de sciences religieuses.

Avant la remise des diplômes, le recteur a décerné un doctorat d’université honoris causa à Jean-Robert Ouimet. Celui-ci est président du conseil et chef de la direction du Holding O.C.B., de la Fondation À Dieu Va, de Cordon Bleu international et de Piazza Tomasso international. Dans son discours, le récipiendaire a d’abord mentionné trois des bâtisseurs de l’Université Laval qui ont été des exemples pour lui: Mgr de Laval, le philosophe Charles De Koninck et le père Georges-Henri Lévesque. Il a ensuite indiqué qu’il acceptait son doctorat honorifique au nom de quelques personnes, dont ses parents. «Tous les deux, non pas par leurs discours, mais par leur vécu, m’ont transmis des valeurs comme la foi, l’espérance, l’amour, la compassion, le courage et la détermination», a-t-il déclaré. Selon lui, son père, lui-même et maintenant ses fils ont géré et gèrent, bien qu’imparfaitement, les entreprises familiales avec amour et efficacité, «deux objectifs en contradiction constante». En conclusion, Jean-Robert Ouimet a rapproché la devise de l’Université (avec la grâce de Dieu, à nul autre comparable) de celle qui prévaut dans ses entreprises et qui vient de Mère Teresa (prier pour gérer avec Dieu). «Ces deux devises, a-t-il dit, vont dans la même direction. C’est beau.»

L’écriture, une expérience si humaine
En après-midi, ce fut au tour de 452 finissantes et finissants de la Faculté d’aménagement, d’architecture et des arts visuels, de la Faculté des lettres et de la Faculté de musique à être honorés. Le recteur Brière a d’abord décerné un doctorat ès lettres honoris causa à l’écrivaine Marie-Claire Blais (voir autre texte en ces pages). «Vous êtes déjà cet avenir de lumière qu’attend le monde pour se transformer, afin d’être à la hauteur de vos espoirs et de vos attentes, a-t-elle expliqué aux diplômés. Vos réalisations personnelles et artistiques seront les créations qui allégeront l’humanité de ses injustices et de ses maux. Et sans trop tarder, vous serez vous-mêmes des guides, des phares dans la nuit contemporaine lorsque vous offrirez à d’autres êtres d’autres nations l’intégrité de votre savoir et de vos connaissances.» Selon la récipiendaire, l’écriture est à la fois une «voie difficile» et une «expérience si humaine lorsque l’écrivain tente d’exprimer et de comprendre le mystère des existences qui l’entourent». Le recteur a ensuite remis la Médaille d’argent de la Gouverneure générale à Amélie Panneton, diplômée du baccalauréat intégré en études internationales et langues modernes.

Une nouvelle conscience planétaire
Cinq cent quarante-neuf. C’est le nombre de finissantes et de finissants des facultés de Médecine, de Médecine dentaire, de Pharmacie et des Sciences infirmières qui ont reçu leur diplôme lors de la septième et ultime cérémonie tenue en après-midi du dimanche 14 juin.

Avant la remise des diplômes, le recteur Brière a décerné un doctorat d’université honoris causa à Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada (voir autre texte en ces pages). Dans son allocution, celle-ci a souligné l’émergence d’une nouvelle conscience planétaire. «En effet, a-t-elle affirmé, une nouvelle conscience planétaire se manifeste de plus en plus fort et de plus en plus concrètement. Cette conscience planétaire s’est enrichie, au fil des ans, du métissage et des rencontres, de la rapidité des moyens de transport et de communication, et j’oserais dire de l’universalité des défis qui nécessitent aujourd’hui une approche solidaire et globale. Qu’il s’agisse de la protection de l’environnement, des soubresauts de l’économie ou de la défense de la dignité humaine partout où elle est bafouée. Et cette conscience s’enracine, à mon sens, dans un amour de la démocratie qui, d’après Montesquieu, est aussi celui de l’égalité.»

Mentionnons, en guise de conclusion, la remise, en dehors de la collation des grades, de médailles du Lieutenant-gouverneur pour la jeunesse à quatre étudiants. Il s’agit de Vincent Bergeron (baccalauréat en droit), Émilie Fortin (maîtrise en didactique), Karl-Alexandre Jahjah (doctorat en physique) et Marie-Hélène Picard (doctorat en médecine dentaire).

Marc Robitaille

Photo: Marc Robitaille

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