Un professeur est assis devant son écran d’ordinateur. Sur sa tête, un micro-casque lui permet de donner un cours à distance en temps réel à un groupe d’étudiants. Coiffés eux aussi d’un micro-casque, ils peuvent entendre en simultané les explications de l’enseignant, lui poser des questions verbalement ou par écrit, et interagir entre eux. Les étudiants peuvent aussi voir sur leur écran le matériel didactique présenté par l’enseignant, qu’il s’agisse de documents PowerPoint ou d’extraits vidéo.

Ce scénario aux allures futuristes est pourtant réalité pour un nombre grandissant d’enseignants et d’étudiants de l’Université. Utilisant le logiciel Elluminate, s’appuyant sur la plateforme WebCT, le service de classe virtuelle synchrone (CVS) offert par le Bureau des services pédagogiques (BSP), après une période d’expérimentation de plus d’une année, est désormais disponible à l’ensemble des enseignants de l’Université. «Il est clair que dans le réseau universitaire québécois nous sommes les plus avancés dans l’implantation d’un service de classe virtuelle synchrone, affirme Claude Potvin, coordonnateur de l’équipe de formation à distance au BSP. Au Canada, nous sommes certainement l’un des leaders en la matière.»

Une autre révolution
Cet hiver, des enseignants donneront plus de 60 cours, à raison d’une ou plusieurs séances, en classe virtuelle synchrone. Les disciplines enseignées sont diversifiées et touchent notamment aux langues, à l’éducation et à l’administration. Quant à l’informatique, le baccalauréat au complet utilise ce service. «À l’automne 2009, alors que prenait fin la période d’expérimentation, la réponse des enseignants était telle qu’il a fallu doubler à 300 le nombre de places virtuelles offertes», rappelle Claude Potvin. En 2008-2009, le BSP a coordonné pas moins de 1 500 séances pédagogiques en CVS. Durant cette période, quelque 30 000 écoutes d’enregistrements de séances synchrones ont été faites par des étudiants qui avaient raté un cours ou qui voulaient réécouter un segment de séance.

Selon Claude Potvin, la classe virtuelle synchrone représente une énième révolution en formation à distance après les cours par correspondance au moyen de la documentation papier, les cassettes audio-vidéo, les cédéroms, Internet et les sites Web, et WebCT. «Cet outil de communication et de collaboration représente une plus value à l’offre de formation à distance, dit-il. Il permet, entre autres, d’enseigner certains contenus, comme les langues vivantes, jusque-là impossibles à enseigner à distance.» Au cœur de ce système technopédagogique, il y a la communication vocale et le travail en équipe. «Auparavant, poursuit-il, le travail en équipe à distance se faisait difficilement par courrier électronique ou par forum de discussion. Avec la CVS, un groupe de 30 étudiants peut se transformer en 5 équipes de 6, chacune dans une petite salle de travail avec les mêmes outils, entre autres le tableau blanc qui permet de partager un même visuel.»

Encadrement individuel, travail en équipe, séminaires, soutenances de thèse, enseignement magistral, encadrement de stagiaires, conférences, différentes formules pédagogiques sont possibles avec la classe virtuelle synchrone. «Nous n’avons pas encore vu les limites de ce service», souligne Claude Potvin. Pour plus d’information: www.bsp.ulaval.ca/classe_virtuelle.php.