La municipalité régionale de comté (MRC) des Appalaches, située à plus d’une heure de route au sud-ouest de Québec, a connu une transformation assez radicale de son économie depuis une trentaine d’années. Dans les années 1970, le secteur minier basé sur l’extraction de l’amiante accaparait près du tiers des emplois. En 2006, ce pourcentage n’était plus que de 7 %. Dans l’intervalle, l’économie régionale a relevé un énorme défi: celui de combler le vide laissé par la chute du secteur minier en développant un secteur manufacturier dynamique. Aujourd’hui, le processus de développement souffre de certaines insuffisances, et les PME doivent améliorer leur capacité d’innovation si elles veulent être concurrentielles à l’échelle internationale.

Ces observations ont été faites le vendredi 1er mai au pavillon Gene-H.-Kruger par une équipe de huit étudiants inscrits à la maîtrise en aménagement du territoire et développement régional. À l’automne 2008 et à l’hiver 2009, ils ont mené une étude sur la MRC des Appalaches dans le cadre de l’essai-laboratoire d’aménagement et de développement. L’essai-laboratoire est une activité de formation pratique de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional (ESAD). Trente-trois autres étudiants, répartis en six équipes, ont aussi présenté les résultats de recherches menées sur ce territoire où vivent quelque 43 000 personnes.

Pressoir Augustin, Gabriel Chassé, Youssef Dehbi, Élise Deschênes, Tina Girard, Martin Loiselle, Bérénice Okou et Nirisoa Raherinaina Harivelo ont interviewé en personne 27 dirigeants d’entreprise de fabrication de la MRC des Appalaches. Ils ont découvert que le secteur de la transformation offre principalement des produits et services de faible à moyenne valeur ajoutée et que les entreprises rencontrées ont un niveau technologique moyen. En outre, le taux de renouvellement technologique et le niveau de formation sont relativement faibles. «Relativement jeune, le secteur manufacturier n’est pas consolidé comme celui de la Beauce, une région traditionnellement manufacturière», explique le professeur Mario Carrier, directeur de l’ESAD et responsable de l’essai-laboratoire.

Le secteur de la transformation accaparait 23 % des emplois en 2006 dans la MRC des Appalaches. L’étude révèle que les entreprises de ce secteur ont des relations et des partenariats de faible intensité entre entreprises et avec les institutions de la région administrative de Chaudière-Appalaches, notamment avec les centres collégiaux de transfert technologique. «Pour innover, affirme le professeur Carrier, les entreprises ont besoin de toutes sortes de proximités. Or souvent, les entreprises de la MRC ont davantage de liens d’affaires ailleurs que dans la MRC. Elles ont aussi de la difficulté à développer des liens avec les institutions d’enseignement, lesquelles peuvent les aider du point de vue de la formation.» Selon lui, la MRC des Appalaches pourrait se distinguer des autres régions du Québec par la filière de l’oléochimie industrielle.

Dans le but de valoriser la recherche à des fins industrielles, les étudiants recommandent de rapprocher les entreprises manufacturières des centres de recherche et développement de la MRC et de la région. On suggère également de faciliter l’accès des entreprises à l’aide technique et financière, et de créer des liens entre les intervenants de la MRC et de la région dans le but de développer des mesures d’appui relatives à la commercialisation. La mise en réseau de ces intervenants est également recommandée dans une perspective de complémentarité et d’accessibilité aux expertises.