Le campus pourrait un jour accueillir un couple de faucons pèlerins et leur petite famille. C’est ce qu’espèrent deux étudiants-chercheurs du Département de biologie, Jean-Rémi Julien et Jean-François Therrien, qui ont eu l’idée d’installer un nichoir pour ce rapace sur le toit du pavillon des Sciences de l’éducation.
   
Tous deux membres de la section étudiante de la Wildlife Society de l’Université, ils ont voulu donner un coup de pouce au faucon pèlerin, une espèce dont les effectifs ont été sérieusement réduits au cours des dernières décennies à cause des pesticides organochlorés. Ces produits sont encore utilisés dans certains pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud où ces oiseaux séjournent pendant l’hiver. Les faucons se nourrissent de proies contaminées par ces produits, ce qui fragilise la coquille de leurs œufs et conduit à un plus faible taux d’éclosion. Au Québec, le faucon pèlerin est catalogué parmi les espèces vulnérables.
   
Grâce à une subvention de 1200 $ du Fonds de développement durable de l’Université, les deux étudiants ont acheté le matériel nécessaire à la construction d’un nichoir ainsi qu’une caméra de surveillance. Avec le concours de Pierre Boily du Service des immeubles, ce nichoir a été installé sur le toit du pavillon des Sciences de l’éducation le 19 avril. «Le faucon pèlerin niche normalement dans des falaises, mais certains s’installent en ville sur des édifices en hauteur, précise Jean-Rémi Julien. L’an dernier, il y avait un couple qui nichait sur l’hôtel Delta (en face du complexe G) et un autre sous le pont de Québec. Ils se nourrissent de pigeons et d’autres espèces d’oiseaux trouvés en milieu urbain.»

Les faucons pèlerins pourraient se laisser tenter par le toit du pavillon des Sciences de l’éducation, mais pas forcément tout de suite. «Ces oiseaux font du repérage de sites de nidification à l’automne et ils nichent très tôt au printemps. Il pourrait déjà être un peu tard cette année», souligne Jean-Rémi Julien. Reste que si ce site a été retenu, c’est que l’étudiant-chercheur a observé des faucons pèlerins rôder dans les parages de ce pavillon l’année dernière.   

La section étudiante de la Wildlife Society, un organisme international voué à la conservation de la faune et de ses habitats, compte 44 membres à l’Université. En plus du projet sur le faucon pèlerin, ces étudiants de biologie mènent un autre projet d’installation de nichoirs, à l’extérieur du campus celui-là. Ces nichoirs sont destinés à un petit faucon, la crécerelle d’Amérique, dont les effectifs sont aussi en baisse.