Le 29 septembre dernier, Sébastien Michaud remportait la médaille d’or au tournoi mondial de taekwondo à Manchester en Angleterre, décrochant du même coup son ticket pour les Jeux olympiques de Pékin. L’adversaire à qui il a fait mordre la poussière était un athlète turc médaillé d’argent aux Jeux d’Athènes en 2004. Il n’y pas à dire: Sébastien Michaud se bat maintenant dans la cour des grands. Pour cet étudiant en génie logiciel à l’Université Laval, les Jeux olympiques représentent l’aboutissement d’un long cheminement. «Je me sens prêt», laisse brièvement tomber ce grand gaillard de 21 ans d’allure plutôt réservée, classé dans la catégorie poids mi-moyen, quand on lui demande de donner ses impressions à quelques mois du grand départ pour la Chine. C’est tout. Pas de longs discours ni de grandes envolées lyriques. Dans la vie comme dans le sport, Sébastien Michaud n’est pas de celui qui révèle ses états d’âme, préférant les faits aux émotions.
   
Ayant commencé à pratiquer ce sport d’origine coréenne qu’est le taekwondo à l’âge de cinq ans avec son père et son frère, le jeune Sébastien goûte à la compétition deux ans plus tard. Remportant beaucoup de combats, il persévère dans cette voie qui le mènera sur les plus grands podiums du monde. Parmi ses plus récentes récompenses figurent trois médailles d’or, l’une remportée à l’Open des États-Unis en 2007, l’autre à l’Open de Corée en 2006 et la dernière au Championnat panaméricain senior 2006 en Argentine. Invité à parler de ses succès, l’étudiant en génie logiciel demeure d’un calme olympien. «Le taekwondo est un sport de stratégie qui ressemble à la boxe, mais où les coups sont donnés avec les pieds, explique-t-il. L’important consiste à frapper l’adversaire au bon moment et à garder son calme. Surtout, on ne doit pas s’affoler quand l’adversaire gagne du terrain. Tout se joue en attaque et en contre-attaque.»

Faire le poids
S’entraînant une vingtaine d’heures par semaine en vue des jeux les plus prestigieux au monde, Sébastien Michaud perfectionne quotidiennement sa technique, sous l’œil vigilant de son entraîneur depuis dix ans, Alain Bernier, du club de taekwondo de Sainte-Foy. L’entraînement lui prenant beaucoup de son temps, le jeune homme a dû réduire le nombre de ses cours à l’Université. Mais ce n’est que partie remise. Surveillant son alimentation par la force des choses (prendre du poids l’éliminerait de sa catégorie et donc de la compétition), très discipliné, Sébastien Michaud refuse pourtant l’étiquette zen accolée parfois à ceux qui s’adonnent aux arts martiaux. «Le but est de garder son sang-froid», dit-il seulement. S’il s’est déjà battu avec la plupart les athlètes qui seront ses adversaires à Pékin, le jeune homme ne crie pas encore victoire. «Je travaille depuis longtemps et je veux gagner, c’est sûr, insiste-t-il. En même temps, je sais qu’il y a une foule de facteurs qui entrent en jeu dans ce genre de compétition et qu’on ne peut pas tout prévoir, comme l’énergie qui sera la nôtre ce jour-là ou encore le type de décisions que prendront les arbitres.»