«Par la création des chaires de leadership, l’Université Laval bonifie son programme de chaires et l’enrichit d’un solide plan d’action qui renforce son potentiel d’innovation pédagogique, en mettant de l’avant des pratiques d’enseignement adaptées aux réalités des nouveaux environnements sociaux, technologiques et scientifiques du marché du travail.»

Cette déclaration, le recteur Denis Brière l’a faite le mercredi 4 mai à l’occasion du lancement, à l’Université, du tout nouveau programme de Chaires de leadership en enseignement (CLE). Ce programme a pour objectif la mise sur pied, dans les cinq prochaines années, de 50 chaires. Ce nouveau pôle d’expertise en formation contribuera à augmenter le nombre de professeurs à l’Université. Son financement aura ceci de particulier qu’il reposera sur une participation substantielle du secteur privé.

«L’objectif est de récolter 20 M$ auprès des partenaires privés, explique Éric Bauce, vice-recteur exécutif et au développement. L’Université, elle, contribuera à hauteur de 15 M$ à même son budget. Le but est que le partenaire financier s’engage pour cinq ans à payer la moitié du salaire du chercheur titulaire et qu’il contribue, à hauteur d’au moins 15 000 $ par an, au budget de fonctionnement d’une chaire.» Selon le vice-recteur, d’autres sources de fonds institutionnelles seront disponibles, comme celles destinées à l’innovation pédagogique, ainsi que l’appui financier de différents services. «Quand on engage un professeur, poursuit-il, il y a un coût. Finalement, ces engagements vont nous coûter moitié moins cher, dans le cadre du programme CLE, grâce à la contribution du privé.»

Un principe a guidé la mise sur pied du programme CLE. «Tout ça a germé lors de discussions que nous avons eues avec nos étudiants, souligne Éric Bauce. On a discuté assez longuement sur le principe, que nous adoptons, que tout le monde doit contribuer financièrement à la formation universitaire. On a pensé à toutes sortes d’approches pour amener les entreprises à contribuer à la formation des étudiants, compte tenu que ce sont évidemment elles qui bénéficient directement de la qualité de cette formation. Ceci est une avenue.»

Des annonces pour bientôt
La direction de l’Université souhaite créer 10 chaires par an. «On a quelques dossiers en voie de finalisation du côté des sciences appliquées et des sciences humaines que l’on va annoncer incessamment avec les partenaires du milieu socioéconomique, indique le vice-recteur. On vise l’ensemble des domaines de formation et non des secteurs particuliers. Les chaires vont se distribuer partout en fonction de la capacité d’attirer des fonds des entreprises. Comme les chaires de recherche, elles seront renouvelables.»

Le programme CLE s’inscrit dans le cadre du Programme PAIR qui voit son nom changé en Programme pour l’avancement de l’innovation, de la recherche et de l’enseignement (PAIRE). «L’Université a eu beaucoup de succès avec ses chaires de recherche, précise Éric Bauce. On veut appliquer un peu le même modèle pour créer un élan sur le plan de l’enseignement avec tous les défis qui lui sont propres, comme la nouvelle réalité des étudiants, les nouvelles façons d’enseigner et l’innovation pédagogique.»

Des pédagogues reconnus
Le programme CLE contribuera à valoriser le rôle du professeur en matière d’enseignement universitaire. Les titulaires de chaires seront recrutés en fonction de leurs qualités reconnues de pédagogues. Les chaires de leadership en enseignement conduiront des travaux pédagogiques novateurs. On adaptera et inventera de nouveaux outils pédagogiques. On y fera de la recherche appliquée et de la recherche-action. On développera des cours et des programmes de formation à distance entièrement en ligne et hybrides. On mettra en place et encadrera des stages.

«Il y aura une cohérence avec l’ensemble des actions menées à l’Université en termes d’innovation et d’amélioration continue de l’enseignement, explique Éric Bauce. Il y a notamment l’appui du Bureau des services pédagogiques avec ses différents programmes. L’Université dispose d’une nouvelle Politique de valorisation de l’enseignement. Il y a aussi tous les efforts que l’on fait présentement avec le système ENA, l’Environnement numérique d’apprentissage, avec le développement d’un nouveau portail de cours en ligne qui va aussi dans cette orientation d’innover au niveau de la formation.»