Le quatrième étage de la Bibliothèque des sciences humaines et sociales (BSHS) située au pavillon Jean-Charles-Bonenfant fera l’objet, d’ici mars 2011, d’importants travaux de réaménagement et de mise aux normes. Le démarrage de ce projet de 6,5 M$ a eu lieu la semaine dernière, son financement étant assuré par le programme d’infrastructures du savoir du gouvernement du Canada. Dans quelques semaines, ce sera au tour de la Bibliothèque scientifique, située au pavillon Alexandre-Vachon, de démarrer de tels travaux. Ce projet s’inscrit dans la mise aux normes et la rénovation du pavillon, dont le financement est assuré par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

«Les deux bibliothèques ont une quarantaine d’années, explique Silvie Delorme, directrice de la Bibliothèque. Compte tenu de leur état et de la nécessité de mieux répondre aux besoins des usagers d’aujourd’hui, il est important de moderniser les lieux.»

Depuis la fin des années 1960, l’effectif étudiant de l’Université est passé de 29 000 à plus de 40 000 personnes. À l’origine, les espaces des deux bibliothèques étaient prévus pour deux millions de documents. Il y en a maintenant cinq millions. Chaque année, l’Université investit 11 M$ dans l’acquisition de documents. Environ le tiers de cette somme sert à acheter quelque 50 000 documents papier qui viennent, bon an mal an, s’ajouter aux collections. Quant aux places assises, peu nombreuses et peu visibles, elles consistent en des isoloirs trop petits pour l’utilisation simultanée d’un ordinateur portable et de documents de consultation. Résultat: les livres s’empilent sur les rayons ou empiètent sur les aires de travail, et les usagers désertent les lieux.

«Les réaménagements tiendront compte des multiples besoins des étudiants d’aujourd’hui, affirme Silvie Delorme. Nos bibliothèques doivent devenir des lieux de transmission du savoir par un meilleur accès à la documentation. Elles doivent aussi devenir des milieux de vie invitants par des espaces de travail plus nombreux et conviviaux qui favorisent le travail d’équipe et le partage.»
 
Le quatrième étage de la BSHS abrite notamment les livres rares, la didacthèque, le secteur musique et cinéma, les ouvrages sur l’histoire de l’art, ainsi que le Centre d’information géographique et statistique. Selon la directrice, l’usager qui arrivera sur place sentira qu’il est toujours dans une bibliothèque, mais il ne sera plus étouffé par les rayons de livres. Il y aura une perspective des lieux et il y aura des dégagements. «On aménagera beaucoup les espaces de travail, poursuit-elle. Le conseiller à la documentation sera près de sa collection. On créera des îlots disciplinaires afin de renforcer le sentiment d’appartenance.»

Une extension des bibliothèques
Chaque année, les milliers de documents papier acquis par les deux bibliothèques nécessitent plusieurs mètres carrés d’espace. Pour rendre accessibles ces nouveaux documents sur place, la procédure consiste à retirer certains documents moins utilisés que l’on conserve dans une réserve de conservation située au PEPS. «Pour y arriver, indique Silvie Delorme, les professeurs, de concert avec les conseillers à la documentation, travaillent à identifier les livres de façon à ne garder que ceux qui correspondent aux besoins de la recherche et des programmes actuellement donnés dans chaque département.»

La bibliothèque du premier cycle de la Bibliothèque scientifique a déjà été démantelée et le transfert des documents vers le PEPS est terminé. «Nous estimons en moyenne entre un et deux pour cent seulement la proportion des documents de la réserve qui seront demandés, souligne-t-elle. Ils seront disponibles en une demi-journée environ. La réserve du PEPS répondra à nos besoins pour les deux premières années des projets de réaménagement. Nous sommes à regarder les solutions de rechange à moyen terme sur le campus.»

La première évaluation du coût des travaux de réaménagement sur les cinq étages de la Bibliothèque des sciences humaines et sociales est supérieure à 30 M$. Le préconcept de ce projet devrait être annoncé cet automne. «Il reste encore des choses à définir avec les architectes à l’intérieur du bâtiment, comme sur la coquille extérieure, explique Silvie Delorme. Par exemple, doit-on ouvrir les murs extérieurs afin de laisser entrer davantage de lumière? Selon le financement disponible, nous pourrons probablement réaménager un étage par an.»