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Volume 47, numéro 13 | 1 décembre 2011

Actualités UL

Sous toutes les coutures

La sociologie de la mode fera l’objet d’un cours en janvier

Par Renée Larochelle

«La mode, c’est ce qui se démode», affirmait Jean Cocteau. Cela dit, qu’elle se démode ou non, la mode, cette grande révélatrice d’une époque ou d’une société, touche tout le monde, même si on décide de ne pas la suivre. Elle ne concerne pas que les vêtements, mais s’applique aussi à divers objets de consommation comme les voitures ou les parfums, et même aux prénoms. Que nous révèle la mode sur l’être humain? S’agit-il de marquage social, de construction identitaire, de recherche de distinction?

Ce sont ces questions qu’abordera notamment Nancy Couture, auxiliaire d’enseignement au Département de sociologie, dans un tout nouveau cours de sociologie de la mode, une première à l’Université Laval. «À travers la mode, c’est toute la société contemporaine de consommation qui sera examinée, révèle Nancy Couture. Le cours présentera les éléments théoriques proposés pour l’analyse sociologique de la mode dans diverses perspectives, l’analyse contemporaine des tendances, la pensée d’auteurs importants et les travaux empiriques ayant porté sur cet objet d’étude.»

Des liaisons dangereuses

Ouvert à toute la communauté étudiante, le cours s’adresse particulièrement aux étudiants en communication, marketing, anthropologie, ethnologie et, bien entendu, en sociologie. «Le sociologue Georg Simmel disait que la mode ne changeait pas, mais que c’était plutôt le contenu qui variait, dit Nancy Couture. Il y a d’abord l’idée novatrice, une sorte de rupture avec le présent, l’adoption de cette idée par un petit groupe, l’imitation, la reproduction et, enfin, la distribution à grande échelle. Et ça recommence: une mode naît, grandit, s’étend et s’éteint.»

Nancy Couture abordera également la mode vestimentaire sous l’angle de ce qu’elle appelle «les liaisons dangereuses» qui y sont reliées comme l’anorexie et l’accent mis sur l’apparence. Comme travail pratique, et en lien avec la fête de la Saint-Valentin en février, elle proposera à sa classe l’étude d’un sous-vêtement féminin ou masculin ou d’une chaussure féminine à talons hauts, l’objet étant analysé sous ses coutures sémantiques et symboliques.

La mode nous tient-elle à la gorge? Y a-t-il moyen d’y échapper? Et si on se fichait de la mode comme de sa dernière chemise pour se recentrer sur ses goûts et ses besoins? La mission n’est pas impossible, de souligner Nancy Couture. Encore faut-il être capable de s’affranchir de certaines conventions sociales. Par exemple, à l’approche des Fêtes et de ses nombreux partys, il est d’usage de porter des vêtements adaptés aux circonstances et il peut être très mal vu de ne pas s’y conformer. «Qu’on choisisse ou non de suivre la mode, c’est intéressant de mieux connaître le phénomène du point de vue de la sociologie, dit Nancy Couture. Et c’est ce que je me propose de faire avec les étudiants. »

Le cours Sociologie de la mode SOC-2115 (NRC-19642) se donnera le mardi à 15 h 30. Il est possible de s’inscrire jusqu’au 6 janvier 2012.
                        

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