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Volume 45, numéro 6 | 1 octobre 2009

Actualités UL

Le test ultime

Marcel Monette, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation, met la culture de l’effort au cœur de l’apprentissage et de la maîtrise de la langue française

Par Renée Larochelle

Un taux d’échec se situant autour de 30 %: telles sont les prévisions de Marcel Monette, doyen de la Faculté des sciences de l’éducation, quant aux résultats qu’obtiendront les étudiants de cette faculté au nouveau Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFEE) qu’ils ont passé les 12 et 13 septembre. Dans les universités québécoises, la réussite à cet examen sera désormais obligatoire pour pouvoir poursuivre des études en enseignement. «Le TECFEE est réputé pour être beaucoup plus difficile que l’ancien examen de français auquel devaient se soumettre auparavant les étudiants, explique Marcel Monette. La personne aura la chance de se reprendre trois fois avant d’entreprendre sa troisième année d’études. Après trois échecs, elle sera suspendue du programme pendant un an avant de pouvoir se reprendre. À travers tout cela, on pourra voir à quel point les mesures de soutien offertes par les universités jouent un rôle important dans la réussite.»
   
Selon le doyen, tout ne sera en effet pas perdu pour les futurs enseignants qui n’obtiendront pas la note de passage au TECFEE, fixée à 70 %. Au cours des quatre ans que dure le baccalauréat, les étudiants pourront ainsi rattraper leur retard et améliorer leurs connaissances en français en suivant des cours d’appoint, pour ne citer que cet exemple. «Ils ont devant eux quatre années d’apprentissage au cours desquelles ils ont la possibilité de combler leurs lacunes, insiste Marcel Monette. Gardons à l’esprit que le français, ça s’apprend. Les gens qui réussiront le test ne seront peut-être pas parfaits, car on ne finit jamais d’apprendre, mais au moins ils seront suffisamment bons pour enseigner. Malgré tous leurs efforts, ceux qui ne parviendront pas à obtenir la note de passage devront peut-être songer à se réorienter.»

Un problème de société
Les préoccupations concernant le problème de la qualité de la langue chez les diplômés en sciences de l’éducation ne datent pas d’hier au Québec. On a voulu y remédier en mettant entre autres sur pied, en 2000, des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec. Plus récemment, il y a cinq ans, les universités québécoises ont discuté avec des responsables du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport de l’importance que toutes les universités du Québec aient les mêmes conditions de réussite, ce qui a d’ailleurs mené à la création d’un test commun pour toutes les facultés des sciences de l’éducation, le TECFEE. «Ce n’est pas facile de déterminer les causes de la mauvaise qualité du français chez les futurs enseignants, convient Marcel Monette. Comme ils seront responsables de l’éducation de nos enfants, il est normal qu’on mette l’accent sur eux. Cependant, le phénomène ne les concerne pas exclusivement: il touche aussi toutes les autres catégories d’étudiants.»

Pour Marcel Monette, la qualité du français constitue un problème de société généralisé. «C’est très exigeant que de s’exprimer correctement et d’écrire convenablement, souligne-t-il. Tant qu’on ne valorisera pas la culture de l’effort, les choses avanceront difficilement. Dans cette optique, l’école n’est pas la seule responsable. Pensez à la façon dont la langue française est maltraitée à la radio et à la télévision. Là aussi, il y aurait lieu de réagir.»

            

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Il est normal qu'on mette l'accent sur la qualité du français des futurs enseignants parce qu'ils seront responsables de l'éducation de nos enfants.

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